président du conseil général de la Haute-Corse

avis 20111865 - Séance du 28/04/2011

Le maire de Santa Reparata di Moriani a saisi la commission d’accès aux documents administratifs, par courrier enregistré à son secrétariat le 29 mars 2011, à la suite du refus opposé par le président du conseil général de la Haute-Corse à sa demande de communication de la liste de tous les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) de sa commune.

La commission rappelle que la loi du 17 juillet 1978 garantit au profit des seuls administrés un droit d’accès aux documents administratifs et n’a pas vocation à régir les transmissions de documents entre les autorités administratives mentionnées à l’article 1er de cette loi, lesquelles relèvent, le cas échéant, d’autres textes relatifs à ces autorités et à leur mission que la commission n’est pas compétente pour interpréter.

La commission ne peut donc que se déclarer incompétente pour connaître de la présente demande, qui émane d’une autorité administrative.

Elle rappelle, au surplus, que la liste des bénéficiaires d’aides versées par une personne publique et comportant le montant de ces aides, dès lors qu’elle existe ou peut être établie par un traitement automatisé d’usage courant, constitue un document administratif entrant dans le champ d’application de la loi du 17 juillet 1978. En conséquence, elle est communicable sous réserve que cette communication ne se heurte pas au secret de la vie privée ou au secret en matière industrielle et commerciale protégés par le II de l’article 6 de cette loi.

S’agissant plus précisément d’aides versées à des personnes physiques ou à des sociétés à caractère civil ou commercial, la commission considère qu’il convient d’opérer une distinction selon la nature des aides versées et leur mode de calcul.

Pour les aides versées en considération de la situation d’une personne physique ou dont le calcul est fonction de celle-ci, la commission estime que le secret de la vie privée fait obstacle à la communication de la liste des bénéficiaires de telles aides et du montant des aides perçues par chacun.

Elle estime donc qu’en l’espèce et à supposer même que la demande de communication émane d’une personne privée, la liste des bénéficiaires du RSA résidant dans une commune ne serait pas communicable sur le fondement de la loi du 17 juillet 1978.