Caisse primaire d’assurance maladie de la Charente-Maritime (CPAM 17)

avis 20140416 - Séance du 27/02/2014

Maître X a saisi la commission d’accès aux documents administratifs, par courrier enregistré à son secrétariat le 29 janvier 2014, à la suite du refus opposé par le directeur de la Caisse primaire d’assurance maladie de la Charente Maritime à sa demande de communication des pièces du dossier de Monsieur X, salarié de sa cliente, relatives à son accident du travail du 27 août 2013, notamment :
1) la déclaration d’accident et l’attestation de salaire ;
2) les constats faits par la caisse primaire d’assurance maladie ;
3) le rapport de l’expert technique.

La commission relève que la procédure de reconnaissance d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle par les caisses primaires d’assurance maladie est régie par les articles L. 441-1 à L. 441-6 et R. 441-10 à R. 441-17 du code de la sécurité sociale. Il résulte de ces dispositions que, dans le cadre de l’instruction du dossier de demande, la caisse primaire constitue un dossier qui comprend, en application de l’article R. 441-13 du code, la déclaration d’accident et l’attestation de salaire, les divers certificats médicaux, les constats faits par la caisse primaire, les informations parvenues à la caisse de chacune des parties, les éléments communiqués par la caisse régionale et éventuellement, le rapport de l’expert technique. Les dispositions du même article prévoient que ce dossier peut, à leur demande être communiqué à l’assuré, ses ayants droit et à l’employeur, ou à leurs mandataires et qu’il ne peut être communiqué à un tiers que sur demande de l’autorité judiciaire.

La commission précise que la circonstance que, dans ce cadre, la caisse primaire a statué sur la prise en charge de la maladie et que le dossier ne serait plus communicable sur le fondement de l’article R. 441-13 du code de la sécurité sociale, est sans incidence sur le droit d’accès à ces documents administratifs garanti par la loi du 17 juillet 1978.

La commission constate en outre que la société pour laquelle est formulée la demande peut être regardée comme une personne directement concernée au sens de l’article 6 de cette loi, dans la mesure où l’employeur, d’une part, dispose de la possibilité d’accéder, dans le cadre de la procédure prévue par le code de la sécurité sociale, aux documents en cause, et, d’autre part, est directement concerné par l’objet et le contenu du dossier, dès lors que la reconnaissance de la maladie professionnelle est susceptible d’avoir des incidences sur le taux de cotisation qui lui sera ultérieurement applicable au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles, en application des dispositions du chapitre II du titre IV du livre II du code de la sécurité sociale.

La commission considère toutefois que les données couvertes par le secret médical qui figurent dans ce dossier ne sont pas communicables à l’employeur. Elle considère que sont à cet égard sans incidence, pour l’application de la loi du 17 juillet 1978, les dispositions de l’article R. 441-13 du code de la sécurité sociale, qui ont assuré temporairement, c’est-à-dire pendant la procédure qui s’est déroulée devant la CPAM, l’accès de l’employeur au dossier de la CPAM, y compris aux certificats médicaux que celui-ci contient.

La commission en conclut que les documents sollicités sont communicables, s’ils existent, à Maître X, en application du II de l’article 6 de la loi du 17 juillet 1978, y compris ceux qui auraient été transmis, le cas échéant, à la caisse par sa cliente elle-même, sous réserve de l’occultation préalable des éléments couverts par le secret médical ou dont la divulgation porterait atteinte à la protection de la vie privée de la personne en cause et à la condition que ces occultations ne privent pas la communication de tout intérêt. Elle émet donc, sous ces réserves, un avis favorable à la demande.

Plusieurs caisses primaires d’assurance maladie ont indiqué à la commission qu’elles ont déjà été saisies à plusieurs reprises de demandes de Maître X tendant à obtenir la communication des dossiers de salariés des sociétés dont il est le conseil et que ces demandes, compte tenu de leur nombre, perturbent le fonctionnement de leurs services.

La commission estime que ces demandes ne présentent pas, en l’espèce, un caractère abusif et précise que, lorsqu’une demande ou plusieurs demandes émanant de la même personne portent sur un nombre ou un volume important de documents, l’administration est fondée à étaler dans le temps la réalisation des photocopies afin que l’exercice du droit d’accès reste compatible avec le bon fonctionnement de ses services. Les frais de reproduction et d’envoi peuvent être facturés dans le respect des textes en vigueur (décret du 30 décembre 2005 et arrêté du 1er octobre 2001), mais non le coût correspondant au surcroît de travail occasionné par la demande. Le paiement de ces frais, dont le demandeur doit être informé, peut être exigé préalablement à la remise des copies.